Connexion / Inscription

Blog
Ces articles vont vous faire voyager!
Visite Historique: Site de 15 crimes et attentats politiques à Paris

Visite Historique: Site de 15 crimes et attentats politiques à Paris

L’histoire de Paris rime bien évidement avec les grands évènements de l’histoire de France. Nous vous proposons ici une Visite de Paris bien particulière: nous allons explorer les principaux sites des crimes et attentats politiques ayant eu lieu à Paris.

Veuillez noter que nous évoquerons uniquement les évènements ayant eu lieu dans Paris-Intramuros.

Par ordre chronologique

 

1. L’Assassinat d’Etienne Marcel

Porte de Saint-Denis (10ème) – 31 juillet 1358

Prévôt des marchants de Paris, Etienne Marcel était un réformateur qui souhaitait élargir les compétences des Etats Généraux face au pouvoir royal. Du fait de ce conflit avec le roi en pleine guerre de 100 ans, il fut soupçonné, alors que Paris était en proie à de graves émeutes, de vouloir livrer la ville aux anglais.

Il est finalement assassiné devant la porte Saint-Denis.

 

2. L’assassinat de Gaspard de Coligny par les catholiques

144 rue de Béthisy (4ème) -Rue disparue- 24 août 1572

Alors que la France était embourbée dans les guerres de religions entre catholique et protestant, Coligny était alors l’un des principaux meneurs des huguenots français.

Blessé par une première tentative d’assassinat le 22 août 1572, il sera achevé dans son lit la nuit de la Saint-Barthélemy (24 août 1572). Il sera ensuite jeté par la fenêtre, éviscéré, émasculé et décapité.

Vous trouverez une statue à son effigie à l’angle de la rue de Rivoli et de la rue de l’Oratoire

 

3. Une première tentative d’assassinat contre Henri IV

145 rue Saint Honoré (1er) – 27 décembre 1594

Alors qu’il se trouve chez sa maitresse, Gabrielle d’Estrées, un jésuite fanatique, Jean Châtel, assène un coup de couteau au Roi, qui ne le blesse que très légèrement.

Jean Châtel sera écartelé quelques jours plus tard sur l’actuelle place de l’hôtel de ville.

Le lieu de la tentative d’attentat, l’hôtel du Bouchage, n’existe aujourd’hui plus. Vous y trouverez à sa place l’Oratoire du Louvre.

 

4. Assassinat d’Henri IV par Ravaillac

Angle entre la rue de la Ferronnerie et la rue Saint Honoré (1er) – 14 mai 1610

Ancien protestant devenu roi suite à sa conversation au catholicisme, l’édit de Nantes qu’il promut déclencha l’animosité de très nombreux catholiques.

C’est donc 16 ans après la tentative d’assassinat par Jean Châtel que le catholique fanatique Ravaillac réussi lui, son coup. 

Vous trouverez au sol et au mur du lieu précis de l’évènement deux plaques commémoratives rappelant cet évènement.

 

5. Assassinat du révolutionnaire Marat

20 rue de l’école de médecine (6ème) – 13 juillet 1793

Charlottes Corday, jeune normande de 24 ans initialement acquise aux idéaux de la révolution, mais exaspérée des excès de la terreur assassine l’un des révolutionnaires les plus radicaux, Jean Paul Marat, dans sa baignoire d’eau de souffre.

A noter qu’elle avait acheté le couteau du crime au Palais-Royal, au 177 Galerie des Valois.

La rue s’appelait à l’époque rue des cordeliers, avant de s’appeler de 1793 à 1794….rue Marat. Son nom actuel remonte à 1796.

 

6. L’attentat royaliste de la rue Saint-Nicaise contre Napoléon Ier

Rue Saint-Nicaise (1er) – Disparue – 24 décembre 1800

Ancien plan de Paris (ci dessous) avec le trajet sur la Rue Nicaise et l’emplacement de l’explosion

Paris aujourd’hui (ci dessous) avec la Rue Nicaise en rouge. L’étoile noire représente le site de la déflagration.

Une terrible déflagration visant à tuer le premier consul tue 22 personnes et détruit 26 maisons de la rue Nicaise. Des conjurés royalistes, qui avaient préparé leur attentat depuis le 19 rue du Paradis, sont à l’origine de cet acte.

Disparue aujourd’hui, la rue Nicaise correspond à peu prêt à la place du carrousel du Louvre d’aujourd’hui (La rue non piétonne passant devant la pyramide du Louvre). On pourrait situer l’attentat à auteur du 161 rue Saint Honoré.

Cette action aboutira à l’exécution du Duc d’Enghien en 1804.

 

7. Assassinat du Duc de Berry, héritier du trône de France, par un bonapartiste

Opéra de la rue Richelieu (disparu), aujourd’hui Square Louvois. En face du 58 rue de Richelieu (1er) – 13 février 1820

Neveu de Louis XVIII, fils du futur Charles X, héritier du trône de France et grand espoir de la France royaliste, le duc de Berry est assassiné le 13 février 1820 par Louvel, un bonapartiste virulemment anti-royaliste.

Louis XVIII fera par la suite détruire le théâtre (vous y trouvez le Square Louvois aujourd’hui) de la rue Richelieu (autrefois rue de la Loi). Cet acte entrainera également l’évincement des modérés et le retour des « ultra » au pouvoir.

 

8. Attentat républicain contre Louis Philippe 1er

50 Boulevard du Temple (3ème) – 28 juillet 1835

Un attentat républicain contre Louis-Philippe 1er orchestré par le corse Giuseppe Fieschi et plusieurs complices manque sa cible mais tue 18 personnes à hauteur du 50 Boulevard du Temple. Fieschi et ses complices seront guillotinés le 19 février 1836.

Louis Philippe échappa à 7 attentats durant son règle. 4 complots seront également déjoués.

 

9. Attentat de républicains italiens contre Napoléon III

19 Rue Le Peletier (9ème) – 14 janvier 1858

Frustrés par la politique française en Italie, qui soutient le pape et donc empêche de réaliser l’unité de la nation transalpine, Felice Orsini et 2 complices font détoner des engins explosifs au passage du cortège impérial. L’empereur sortira indemne, tout comme l’impératrice, qui sera néanmoins recouverte de sang. 12 personnes trouvèrent cependant la mort.

 

10. Assassinat du journaliste Victor Noir par un Bonaparte

59 rue d’Auteuil (16ème) – 10 janvier 1870

Pierre-Napoléon Bonaparte, fils de Lucien Bonaparte, et par conséquent neveu de Napoléon Ier et cousin de Napoléon III, ne supportant plus les attaques de la presse contre le régime bonapartiste s’emporte face à un journaliste, Victor Noir, qui se déclare solidaire des articles de ses confrères. L’escalade verbale mène alors au drame, Napoléon sort son arme et tire à bout portant sur le journaliste. Celui-ci s’enfuit mais décède face au 27 rue d’Auteuil.

Sa tombe est toujours présente au cimetière du Père-Lachaise (photo ci-dessus)

 

11. Attentat contre le Président Emile Loubet et le Roi d’Espagne Alphonse XIII

Intersection entre la rue de Rohan et la rue de Rivoli (1er) – 31 mai 1905.

Au passage du cortège du roi d’Espagne Alphonse XIII et du président de la République française Emile Loubet, l’anarchiste espagnol Aviño lance une bombe mais manque sa cible. L’attentat blessa 17 personnes mais ne fit aucune victime.

 

12. Assassinat du directeur du Figaro par la femme du ministre des finances

Direction du Figaro, 26 rue Drouot (9ème) – 16 mars 1914

Exaspérée par les attaques constantes de la presse contre son mari, le ministre des finances Joseph Caillaux, Henriette Caillaux se rend le 16 mars 1914 au siège du Figaro et abat le directeur du journal, Gaston Calmette, de 3 balles dans le corps. Joseph Caillaux joua alors de son influence pour faire nommer un ami proche ministre de la justice. L’avocat de Mme Caillaux, Fernand Labori (qui fut également l’avocat d’Alfred Dreyfus) plaida « le réflexe féminin incontrôlé ». Aussi incroyable que cela puisse paraitre aujourd’hui, elle sera acquittée le 28 juillet 1914.

Ardent pacifiste, Joseph Caillaux ne put, du fait de ce drame, être nommé président du conseil et appeler Jean Jaurès au ministère, comme il en avait l’intention.   

 

13. Assassinat de Jean Jaurès par un nationaliste

Café du Croissant, 146 rue de Montmartre (2ème) – 31 juillet 1914

Fondateur du quotidien L’Humanité et de la SFIO (ancêtre du Parti Socialiste), Jean Jaurès, qui résidait alors au 96 bis rue de la Tour (16ème) et prônait un discours pacifiste face à l’escalade nationaliste qui mènera les nations européennes à la première guerre mondiale, est assassiné par le nationaliste Raoul Villain. Celui-ci l’abat par une fenêtre ouverte du Café du Croissant de 2 coups de feu.

Raoul Villain sera acquitté le 29 mars 1919, et la veuve de Jaurès sera condamnée au paiement des frais du procès.

 

14. Assassinat du Président Paul Doumer par un nationaliste russe

Hôtel Salomon de Rothschild, 11 rue Berryer (8ème) – 6 mai 1932

Le 6 mai 1932, le président de la République française Paul Doumer est assassiné par un nationaliste russe, Paul Gorgulov, de deux coups de feu. Celui-ci, ancien combattant nationaliste blanc anti-bolchevik, et sympathisant fasciste, reprochait à la France sa complaisance envers les bolchevik. Il sera guillotiné le 14 septembre 1932 à la prison de la Santé.

 

15. Assassinat de la voix du régime de Vichy par un commando de résistants

10 rue de Solférino (7ème), ancien siège du Parti Socialiste (de 1981 à 2018) – 28 Juin 1944

Trois semaines après le débarquement américain en Normandie et deux mois avant la libération de Paris, le résistance commet l’une de ses actions les plus spectaculaires en abattant au siège du ministère de l’information de Vichy l’orateur de Radio Paris et principale voix de la collaboration à outrance, devenu depuis Secrétaire de l’information de Vichy.

Ci dessus quelques extrait de la presse vichyste.

 

N’hésitez pas à consulter nos articles sur les visites à thèmes de Paris: Visite du Paris lugubre et macabre, découverte du Paris disparu ou encore sombre voyage au coeur du Paris occupé:

Balades à Paris: 5 visites à thèmes de la capitale

Articles similaires

Comments (1)

Laisser un commentaire