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Visite Historique : 9 sites du Paris de la Peste Noire de 1348

Visite Historique : 9 sites du Paris de la Peste Noire de 1348

La peste noire de 1348 est sans aucun doute la pire épidémie qu’ait connue la France (mais aussi l’Europe et le monde).

Entre 1347 et 1352, l’Europe a perdu entre 30 et 50% de sa population, soit 25 millions d’Européens qui succombèrent de cette terrible infection qui remplit le corps de pustules.

En France, la population passa de 17 millions en 1340 à 10 millions d’habitants en 1440…soit l’équivalent de la population gauloise plus de 10 siècles plus tôt.

L’hystérie collective provoqua également de terribles massacres à l’encontre des juifs, accusés de rependre la maladie en contaminant les puits. Flagellants (auto flagellation en groupe et en public) et danses maniaques (groupes de personnes se mettant à danser en groupe jour et nuit jusqu’à l’épuisement) firent également leur apparition.

On estime que cette épidémie de peste débuta en 1334 en Chine.

En 1346, les mongols, qui avaient été en contact avec les chinois, assiégèrent un comptoir génois (italien) en Crimée…et bombardèrent leurs ennemis de corps de pestiférés. La paix conclue, les génois contaminèrent l’ensemble des ports méditerranéens… dont Marseille en novembre 1347.

Le 20 août 1348, cette terrible peste noire se déclare à Paris…un tiers de ses 250,000 habitants y succomberont…

 

 

Le développement de la peste noire en Europe

 

1. Hôtel Dieu

L’Hôtel Dieu au sud du Parvis.

L’Hôtel Dieu de l’époque se trouvait au sud (et non au nord) du parvis de Notre-Dame. Un chroniqueur de l’époque écrivit : « Et les saintes sœurs de l’Hôtel-Dieu, ne craignant pas la mort, soignaient jusqu’au bout les patients avec la plus grande douceur et humilité, sans tenir compte de l’horreur de la maladie ; beaucoup desdites sœurs, plus d’une fois renouvelées par les vides causés par la mort, reposent, comme on le croit pieusement, dans la paix du Christ ».

Mais aussi :

« La mortalité fut si grande, à l’Hôtel-Dieu, à Paris, que, pendant longtemps, on portait chaque jour dévotement sur des chariots, pour les ensevelir au cimetière des Saints-Innocents, plus de cinq cents cadavres ».

 

2. Notre Dame

Epicentre religieux de la capitale, et situé en face de l’Hôtel Dieu, ses cloches sonnaient constamment, et de plus en plus fort, pour sonner le glas d’un homme d’une femme, rappelant ainsi quotidiennement aux parisiens l’omniprésence de la mort.

 

3. Le cimetière des Saints-Innocents.

Principal cimetière parisien de l’époque et disparu aujourd’hui (situé aujourd’hui place Joachim du Bellay dans le quartier des Halles), il dut subitement faire face à près de 500 inhumations par jours. Très vite saturé, les autorités de l’époque durent trouver une alternative : le cimetière de la sainte trinité dans un premier temps puis l’évacuation des cadavres hors des la ville de Paris par la suite.

 

4. Cimetière de l’hôpital de la Trinité

Alors que la direction de Monoprix situé à l’angle de la rue Réaumur et du bou­levard de Sébastopol décide en 2014 d’entreprendre des travaux dans son sous-sols, les ouvriers y découvrent de nombreux squelettes humains.

L’hôpital de la Trinité, détruit en 1790 et qui occupe alors un quadrilatère allant de l’actuelle rue Saint-Martin à la rue Saint-Denis et de la rue Greneta à la rue Guérin-Boisseau, se voit en 1348 obligé de gérer un afflux massif de cadavres…découverts en 2014 ! Merci Monoprix !

 

5. La Seine

Une fois les cimetières parisiens totalement saturés…ses habitant voyaient défiler sur la Seine de larges barques réquisitionnées à Corbeil (Essonne) et remplies de corps humains chargés de pustules….bien loin de l’ambiance champêtre actuelle des bateaux mouches…

 

6. Paroisse de Sant Germain l’Auxerrois

 

Principale paroisse parisienne de l’époque, elle voit le nombre de décès de ses paroissiens multipliés par 50. Un témoignage de l’époque indique : «  À Saint-Germain-l’Auxerrois, paroisse la plus importante de Paris, on enregistra 3116 morts entre le 25 avril 1349 et le 20 juin 1350 »

 

 

7. Trésor de la peste noire (Musée National du Moyen-Age)

Alors que la peste fait rage, les juifs, accusés et persécutés, cherchent à cacher leurs possessions. En mars 1349, les juifs d’Erfurt (un millier de personnes) sont massacrés. Deux mois auparavant à Colmar, une centaine de personnes avaient été rassemblées et brûlées.

Les trésors cachés par ces personnes de confession juive furent découverts à la fin du XIXème siècle à Colmar et en….1998 près de la Synagogue d’Erfurt.

Le trésor de Colmar, exposé depuis 1923 au musée du Moyen-âge de Paris est un ensemble d’environ 50 pièces d’orfèvrerie (bijoux) et 300 monnaies. Cette découverte date de 1863, lors de travaux dans une maison de l’ancien quartier juif de Colmar.

 

8. Corbeil (Essonne)

Les cimetières de Paris étant saturés de cadavres, les bateaux de Corbeil, transportant habituellement le pain vers la capitale, sont réquisitionnés pour évacuer de Paris les cadavres des victimes de la peste. Le nom de ‘corbillat’ puis ‘corbillard’, dont la ville de Corbeil dans l’Essonne est à l’origine, sera alors donné aux véhicules transportant les personnes décédées.

 

 

9. Bondy (Seine Saint Denis)

De nombreux sarcophages datant des gaulois jusqu’au moyen-âge ont été découverts dans la ville de Bondy. Et les squelettes trouvés sous le trottoir nord de l’église Saint-Pierre ont montré des décès dû à la peste noire (étoile orange sur le plan) !

 

 

Pour d’autres visites à thèmes de la capitale (Paris criminel, Paris de l’occupation etc…):

9 visites historiques de la capitale: Sites du Paris glauque, coquin, disparu…

 

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